Qui sont les startups de la mobilité en Europe?

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Posté le 19 août 2020

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Lancé en 2017 par Karima Delli et le Parlement Européen, et cofondé par Via ID et le Boston Consulting Group, le European Startup Prize for Mobility a pour objectif de révéler les meilleures startups de la mobilité, prêtes à accélérer en Europe. Après 3 ans d’existence et 500 à 600 postulants par an, Via ID, accélérateur de startups dans les nouvelles mobilités, dresse un panorama des startups de la mobilité européenne élargie*.

EUSP : une représentativité grandissante de l’innovation dans les mobilités en Europe

Avec 36 pays représentés vs 18 l’an passé, l’innovation dans les mobilités devient plus que jamais une réalité partout en Europe. L’écart se réduit dans le TOP5 des nationalités les plus représentées en nombre de startups, avec toujours une forte représentativité des startups françaises, allemandes (+64% vs 2019), espagnoles, britanniques et une entrée dans le classement des startups israéliennes, liée à l’ouverture du EUSP aux pays du programme Horizon 2020. On note par ailleurs une montée en puissance des startups issues de l’Europe centrale et de l’Est (16% des startups éligibles, hors Allemagne) et des nations baltes, notamment l’Estonie et la Lituanie (TOP12 et 13 des pays les plus représentés en nombre de startups).

La Mobilité, une dynamique entrepreneuriale toujours aussi forte

Avec plus de 550 startups candidates cette année et un léger rajeunissement des startups éligibles par rapport à 2019 (3,27 ans en moyenne et des équipes de 12 candidats), le EUSP reflète l’effervescence du tissu entrepreneurial européen dans les mobilités. 

L'écosystème, booster de croissance et de compétences

Selon le pays, les start-ups nécessitent plus ou moins de temps pour se développer, s’expliquant en partie par un environnement culturel (et législatif) favorable mais aussi par les thématiques qu’elles portent. On note néanmoins que depuis la première édition du EUSP (2017-18), le rythme de croissance des startups selon leur nationalité est stable. 

 

C’est en Israël, puis en France et en Allemagne, que les startups sont les plus matures. L’écosystème local y est plus mature et favorable (coopération des acteurs publics/privés, cadre législatif proactif) et la culture « mobilité » y est historiquement forte. Ce sont également des nations qui concentrent les compétences et sujets tech, facteur de succès / pilier de la mobilité intelligente. En Europe, on note que les startups allemandes sont celles qui grandissent le plus vite (3,1 ans et près de 15 employés en moyenne) ce qui reflète la culture « rocket internet » qui dégagent des moyens importants, rapidement au service de l’application d’un business model identifié. Les startups anglaises quant à elles développent des business model plus légers et moins people-intensive  (3,3 ans et 9 employés en moyenne en 2020), se focalisant essentiellement sur les services de mobilité.

Des startups qui réussissent plus vite

L’accélération la plus spectaculaire concerne les startups du TOP50, qui atteignent une taille critique de 29 personnes en moins de 4 ans, là où elles comptaient une quinzaine de collaborateurs en moyenne au bout de 5 années d’existence en 2019. Cela reflète un secteur de la mobilité plus mature et une concentration des acteurs et des capitaux dans les bons sujets au bon moment.

Prédominance des plateformes et startups de services, montée en puissance de la mobilité électrique et des micro mobilités

Les plateformes et services de mobilité sont les grands gagnants du palmarès thématique, représentant 29% des startups éligibles. 

 

Les startups se développent là où des nouveaux besoins apparaissent et où des innovations permettent de résoudre des problèmes.

La profusion des nouvelles solutions de mobilité (autopartage, covoiturage…etc) -encore fortement représentées il y a 2 ans, a boosté le besoin de facilitateurs de mobilité et de multimodalité : Place donc au MaaS et ses composants, l’agrégation de services, le transport à la demande… qui permettent de s’y retrouver et de simplifier l’expérience utilisateur face à ces nouvelles offres.

Ce phénomène est lui même amplifié par l’essor des micro mobilités et mobilités partagées représentant 18% des startups éligibles : fournisseurs, opérateurs, agrégateurs, infrastructures et services associés fleurissent partout en Europe.

 

On observe par ailleurs les effets des évolutions des politiques publiques en soutien à la filière de la mobilité électrique et en faveur du mix énergétique, avec 17% des startups éligibles s’inscrivant dans cette catégorie. 

 

Enfin le véhicule autonome (6% des startups éligibles) et la mobilité aérienne (2%) restent timides en volume, révélant des barrières à l’entrée plus complexes en termes de R&D, de moyens financiers long terme, de technologie et de réglementations. 

 

Hybridation des business model

Les modèles BtoC ou BtoB exclusifs s’effacent au profit d’approches multi-acteurs, intégrant le client public comme pierre angulaire des dispositifs de mobilité : seules 2,5% des startups déclarent s’adresser uniquement à des clients particuliers. Par ailleurs, 63% des startups vendent leur solution aux institutions publiques (entre autre). 

 

Cela est le reflet d’un secteur, spécialement dans les mobilités urbaines, historiquement largement subventionné, que se ré-invente certe mais qui dans la majorité des cas à besoin du soutien public.  

 

Des solutions de mobilité qui visent de plus en plus la consommation « par abonnement ». Pour plus de 31% des startups, il s’agit de leur principal canal de revenu. Un modèle reflétant l’essor du Mobility as a Service et la finalité du passage de la possession à l’usage que nous constatons dans beaucoup de secteurs. 

 

 

*Analyse basée sur 375 startups issues du EUSP 2020